Stabilisation de Berges : Techniques et Obligations

Aménagement paysager3 min de lectureMis à jour le 30 septembre 2026

Pourquoi les berges s’érodent-elles ?

Les causes naturelles

  • La force du courant : l’eau creuse les berges dans les méandres et les courbes
  • Les crues : les épisodes de montée des eaux accélèrent l’érosion
  • Le gel/dégel : les cycles de gel fragilisent les berges argileuses
  • Les racines mortes : quand un arbre de berge meurt, ses racines ne retiennent plus le sol

Les causes humaines

  • Le piétinement du bétail : l’accès direct du bétail au cours d’eau dégrade les berges
  • Le défaut d’entretien de la ripisylve : sans végétation, la berge est exposée
  • Le curage excessif : le curage trop profond du lit déstabilise les berges
  • L’imperméabilisation en amont : l’urbanisation augmente les débits de pointe et l’érosion

Les obligations réglementaires

L’obligation d’entretien (Code de l’environnement)

L’article L. 215-14 du Code de l’environnement impose aux propriétaires riverains d’entretenir les rives et le lit des cours d’eau non domaniaux. Cela inclut la stabilisation des berges qui menacent l’écoulement ou la sécurité. En savoir plus : entretien des rives : réglementation et bonnes pratiques.

L’autorisation préalable

Les travaux de stabilisation de berges nécessitent une déclaration ou une autorisation au titre de la loi sur l’eau (articles L. 214-1 à L. 214-6 du Code de l’environnement) :

  • Déclaration : pour les travaux de faible impact (fascines, plantations, géotextile)
  • Autorisation : pour les travaux importants (enrochement, gabions, modification du profil de la berge)

Le dossier est instruit par la DDT (Direction Départementale des Territoires).

Les cours d’eau en Côte-d’Or

La Côte-d’Or compte plus de 3 000 km de cours d’eau non domaniaux. Les communes sont riveraines de nombreux ruisseaux et petites rivières dont l’entretien des berges leur incombe.

Les techniques de stabilisation

Le génie végétal

Le génie végétal utilise des matériaux vivants (boutures de saule, fascines, plançons) pour stabiliser les berges. Les racines des végétaux renforcent le sol tandis que la partie aérienne freine le courant.

Techniques courantes :

  • Fascines de saule : fagots de branches de saule plantés le long de la berge, qui s’enracinent et repoussent
  • Bouturage : plantation directe de boutures de saule dans la berge
  • Tressage : branches de saule tressées entre des piquets pour former un mur vivant

Le génie végétal est la technique privilégiée par les agences de l’eau car elle respecte les milieux aquatiques.

L’enrochement

L’enrochement consiste à disposer des blocs de pierre le long de la berge pour la protéger mécaniquement. Efficace et durable, il est réservé aux zones à fort courant ou aux berges très dégradées. Il nécessite une autorisation au titre de la loi sur l’eau.

Les gabions

Les gabions sont des cages métalliques remplies de pierres posées contre la berge. Ils combinent résistance mécanique et perméabilité (l’eau passe à travers). Les gabions peuvent être végétalisés (terre + semences entre les pierres).

L’hydrosiding en complément

Après la stabilisation mécanique ou végétale, l’hydrosiding permet de revégétaliser rapidement les parties hautes de la berge. La projection hydraulique de semences avec fixateur adhère aux pentes et assure une couverture végétale rapide.

Quand intervenir ?

TechniquePériode optimale
Génie végétal (fascines, boutures)Novembre à mars : repos végétatif
Enrochement / gabionsAoût à octobre : eaux basses
Hydrosiding des bergesSeptembre à octobre : sol chaud, pluies d’automne

Octobre est le bon moment pour réaliser les travaux de stabilisation : les eaux sont basses, le sol est encore praticable et les conditions sont favorables à l’hydrosiding.

Les financements disponibles

  • Agence de l’Eau : subventions pour les travaux de restauration de berges (jusqu’à 80 % du coût pour les collectivités) : Rhône-Méditerranée-Corse pour la majorité du secteur (bassin de la Saône : Dijon/Norges, Haute-Saône, Doubs, Jura), Seine-Normandie pour la Haute-Marne et le nord de la Côte-d’Or (Châtillonnais, bassin de la Seine)
  • GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) : compétence communale ou intercommunale, avec taxe dédiée
  • Syndicats de rivière : coordination et mutualisation des travaux
  • Département de Côte-d’Or : aides ponctuelles

Zone d’intervention

TPF intervient pour la stabilisation de berges sur toute la Côte-d’Or (21) et les départements limitrophes.

Vous êtes une commune confrontée à l’érosion de vos berges ? Contactez TPF pour une visite de terrain et un diagnostic. En savoir plus : entretien des rives et berges en Bourgogne.

Pour aller plus loin : découvrez notre intervention en aménagement paysager ou consultez tous nos guides.

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